L’HISTOIRE DU RAP, LES ORIGINES DU HIP HOP (Emission de radio 1995)

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Le hip-hop, musique rap ou musique hip-hop est un genre musical caractérisé par un rythme accompagné de rap et de chants. Le genre se développe en tant que mouvement culturel et artistique apparu aux États-Unis à New York, dans le South Bronx au début des années 1970. Originaire des ghettos noirs et latinos de New York, il se répandra rapidement dans l’ensemble du pays puis au monde entier au point de devenir une culture urbaine importante. La culture hip-hop connaît plusieurs disciplines : le rap (ou MCing), le DJing, le break dancing (ou b-boying), le graffiti, le beatboxing. Ces disciplines, apparues avant le hip-hop, seront intégrées dès la naissance du mouvement. C’est néanmoins par son expression musicale qu’il est le plus connu et, de ce fait, souvent réduit à celle-ci.

Cette expression musicale est elle-même souvent appelée rap, ce qui constitue un raccourci dans la mesure où ce terme ne s’applique qu’à la parole, scandée et saccadée propre au MCing. La musique hip-hop peut en effet revêtir plusieurs formes, voire se limiter aux seuls beats du DJ (disc jockey), auquel cas le terme rap ne convient pas.rundmc_2

La culture du hip-hop arrive en France en novembre 1982, environ dix ans après son apparition aux États-Unis, avec la tournée New York City Rap en Europe qui diffuse largement cette culture à l’extérieur. Le graffiti commence à se répandre à travers l’hexagone à partir de l’année 1983, et particulièrement à partir de l’été 1984, où les premières pièces apparaissent sur les quais de Seine, réalisées par les premiers tagueurs français comme Bando du Bomb Squad 2, les membres des BBC, ceux de la Force Alphabétick, le graffeur Psyckoze, etc. Dès 1983, les premiers breakers, jeunes parisiens aussi bien que banlieusards, se donnent rendez-vous place du Trocadéro à Paris et les premières soirées hip-hop se déroulent dans des clubs tels que le Bataclan de DJ Chabin, les soirées Chez Roger Boîte Funk au Globo. Le rap et le deejaying commencent dès lors leur ascension. La culture hip-hop est popularisée pour la première fois en France et répandue partout dans le pays grâce à l’animateur, DJ et musicien Sidney, dont l’émission H.I.P. H.O.P., diffusée sur TF1 de janvier à décembre 1984, est la première au monde entièrement hip-hop. Il était également le premier animateur de télévision noir en France; par ailleurs, le Festival l’Original 84-04 avait précisément choisi de fêter les 20 ans de l’arrivée du hip-hop en France en 2004, par référence à Sidney et H.I.P-H.O.P ; événement d’une portée symbolique extraordinairement forte pour la culture hip-hop mondiale.

DJ Dee Nasty et Lionel D donnent aussi impulsion à cette culture dans leur émission hip-hop sur radio Nova, Deenastyle, mais surtout par l’organisation de fêtes sauvages (les « free jams », sorte de block parties à la française) au terrain vague de La Chapelle (Paris) en 1986. Les compilations Rapattitude 1 et 2 contribuèrent également à le faire connaître. Mais c’est au début des années 1990 que le hip-hop connaît un large succès public à la scène et au disque, dont il deviendra un acteur majeur, grâce à l’intervention de groupes comme Suprême NTM, IAM, Assassin, Little MC, Ministère A.M.E.R., Sages Poètes de la Rue ou encore MC Solaar qui sortent leurs premiers disques. Le rap le plus commercial élargit encore sa popularité notamment par le biais des radios. La radio Skyrock qui se surnomme la « radio officielle » du rap, suivie par la radio Générations 88.2 localisée sur l’Île-de-France, proposeront des programmations rap, RnB et hip-hop ainsi que des émissions animées par les acteurs du paysage hip-hop français. Certains voient dans l’intérêt porté par les médias « dominants » une récupération mercantile et politique. Cependant, des artistes restent basés sur les principes premiers du hip-hop, proche du mouvement originel venu de New York, en proposant des produits à l’ancienne, en marge du circuit actuel (Oxmo Puccino, Akhénaton, Dr Jazz, Rocé, SI, etc.).

Actuellement, le hip-hop est bien ancré en France avec notamment une importante rencontre de danses hip-hop, le Juste Debout, qui s’est déroulée, pour sa 10e édition, à Paris Bercy le 13 mars 2011, le Orléans Hip-Hop Contest ou le Hip Hop International Championship d’Orléans qui se sont déroulés en avril 2011 dans la cité Johannique. De même, habituellement organisé en Allemagne, le Battle of the Year International 2010 se déroule à l’Arena de Montpellier. Et le 5 et 6 octobre se déroule le Battle de Meaux réunissant de grands groupes internationaux. L’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) organise à Sarcelles en 2013, le premier championnat de France scolaire de danse hip-hop/battle en crew. Cet évènement a permis de regrouper 250 danseurs de toute la France, donnant aux enfants un événement national pour se mesurer comme les grands. Paradoxalement, bien que regroupant des artistes comptant parmi ceux qui totalisent les plus grosses ventes, tels (Booba, Rohff, La Fouine, …), le rap souffre d’une image négative en France. Il est peu représenté dans les médias traditionnels, sinon par certains artistes consensuels (MC Solaar ou Soprano).

Les festivals en France incluent notamment :

  • Paris Hip-Hop à Paris annuel au mois de juin par Hip-Hop Citoyen
  • Hip Cirq Hop à Bagneux (92) annuel au mois de juin par Le Plus Petit Cirque du monde
  • L’Original à Lyon, annuel début avril
  • Juste debout à paris, annuel début mars
  • HIP OPsession à Nantes, annuel, printemps
  • Trophée Master à Toulouse, annuel.

Le 16 mai 2001, 300 activistes hip-hop, dont KRS-One, ont présenté à l’ONU à New York la déclaration de paix du hip-hop (The Hip Hop Declaration of Peace). Son premier principe définit le hip-hop comme un terme décrivant une indépendante conscience collective. La déclaration commence par ces mots : « cette Déclaration de paix du hip-hop guide la culture hip-hop de la violence à la liberté, et établit conseils et protection pour l’existence et le développement de la communauté internationale hip-hop. À travers les principes de cette Déclaration de paix du hip-hop, nous, la culture hip-hop, sommes une fondation de santé, d’amour, de conscience, de richesse, de paix et de prospérité pour nous-mêmes, nos enfants et leurs petits-enfants, pour toujours. Pour la clarification du sens et de l’objet du hip-hop, ou lorsque l’intention du hip-hop est remise en question, ou lorsque surviennent des différends entre les parties concernant le hip-hop ; les hip-hoppers ont accès aux conseils de ce document, la Déclaration de paix du hip-hop, comme orientation, conseil et protection. »

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